Histoire

Ecran de StartAvec son monocle, sa moustache et son air débonnaire, Henry Hatsworth a tout du véritable dandy anglais ; et ça tombe bien car il va partir en quête d'un costume légendaire.
Entièrement en or, ce costume ne peut être porté que par une personne d'une élégance rare et fournit à son porteur de prodigieux pouvoirs. Il est composé de 9 pièces qui donnent chacune de nouvelles compétences.
En outre, ce costume magique est la clef d'une dimension oubliée peuplée de monstres, de dangers et... de richesses.

C'est bien évidement celles-ci qui intéressent notre cher Henry, professeur ès Chasse aux Trésors au Club des aventuriers Prout prout (sic).


Au cours de son périple, il sera aidé par Cole, son jeune apprenti, qui grâce à ses talents de touche-à-tout lui fournira informations, améliorations et même un Q-Robot dans le plus pure style british, ça promet !

Henry devra parcourir 5 mondes (contenant chacun 6 niveaux dont un boss) afin de mettre la main sur les différentes pièces du costume légendaire. Autant dire que son aventure ne sera pas de tout repos : tantôt traversant une jungle luxuriante à grand renfort de coups d'épée ; tantôt parcourant le ventre d'un volcan inhospitalier en évitant la roche en fusion et autres jets de magma. Le chemin que parcourra notre vieux briscard est semé d'embûches ; sans compter que Weasleby, son rival de toujours, se joindra régulièrement à la fête pour tenter de dérober son butin à Henry ! Le Vil Ladre !!!

Gameplay

DS oblige, le jeu se joue sur les deux écrans, mais ici chacun propose un gameplay différent.

Gameplay_01Tout d'abord l'écran supérieur où se déroule la majeure partie du jeu : la plate-forme.
On y retrouve tous les classiques du genre, notre héros peut se déplacer de droite à gauche, et bien évidement sauter. Il peut également donner des coups d'épée afin de se débarrasser des ennemis en provenance de la dimension des mystères, qui peuplent les niveaux. On peut aussi leur tirer dessus grâce à un tromblon, cependant cette action consomme un peu d'énergie.

Une simple pression sur le bouton X permet de jouer sur l'écran inférieur dédié au puzzle game, c'est-à-dire qu'on y retrouve des blocs de différentes couleurs que vous devez aligner horizontalement ou verticalement par groupe de 3 ou plus afin de les faire disparaître.

De nouveaux blocs apparaissent régulièrement en bas de l'écran, et donc viennent augmenter les possibilités de combinaison. Cette phase est jouable avec la croix directionnelle mais je vous conseille le stylet, bien plus pratique, même s'il est fastidieux de le sortir et le ranger en permanence, dommage.


Gameplay_02Les bases étant posées, voyons comment ces deux gameplays apparemment sans rapport interagissent ensemble.

C'est très simple ; votre écran du bas représente une partie des pouvoirs que vous octroie le costume et est donc directement lié à la dimension des mystères.
En effet, lorsque par exemple vous éliminez un ennemi, celui-ci est renvoyé vers sa dimension et se retrouve naturellement sur l'écran du bas sous la forme d'un bloc Ennemi. Il faudra donc l'éliminer une nouvelle fois en l'alignant avec d'autres blocs de même couleur sous peine de le voir réapparaitre dans notre dimension, poussé par les autres blocs hors de l'écran du bas.


Mais les interactions avec le Puzzle game ne s'arrêtent pas là, puisqu'il existe 6 types de blocs aux implications diverses : des blocs Energie qui rechargent la barre d'énergie ; des blocs Items qui redonne de la santé à notre gentleman archéologue, ou qui rendent momentanément les attaques plus puissantes ; des blocs Attaques qui figent vos ennemis durant quelques secondes ou les électrocutent et enfin les blocs Ennemi, qui, s'ils ne sont pas détruits réapparaissent dans la dimension d'Henry et gênent temporairement sa progression.


Weasleby Vous l'aurez compris, le puzzle game est bien plus qu'un ajout insipide puisqu'il trouve sa justification dans l'histoire et dans le gameplay et constitue le point fort du jeu. De nombreux éléments de gameplay y sont liés comme le fait que certaines plates-formes apparaissent lorsque vous alignez 3 blocs.
L'utilisation des ressources apporte une pointe de stratégie, puisqu'il faudra utiliser les blocs Items et Attaques avec sagacité. En effet, il serait absolument sans intérêt d'activer un bloc Éclair si aucun ennemi n'est présent à l'écran ou même contre des ennemis dont vous pourriez vous débarrasser aisément. Si, dans les premiers niveaux, cela revêt peu d'importance puisqu'ils sont assez simples, cela se révélera crucial à partir du troisième monde tant la difficulté est élevée.


J'attire d'ailleurs l'attention des joueurs dont la persévérance n'est pas la principale qualité : « Passez votre chemin, ce jeu n'est pas fait pour vous » ! Très vite le challenge devient difficile à relever et il faudra vous armer de patience et de sang froid pour venir à bout des niveaux les plus retords ou des boss récalcitrants.

Plus vous progresserez au sein du jeu, plus le Level Design se complexifie : plates-formes de glace qui font glisser notre vieil aventurier, plates-formes mobiles surplombant des gouffres mortels, courants qui tantôt vous ralentissent tantôt vous propulsent, etc... Mille périls attendent Henry, et ils mettront nos réflexes et nos nerfs à rude épreuve. A noter que de nombreuses salles secrètes et des niveaux bonus sont à débloquer en empruntant des passages secrets dissimulés dans les niveaux, donc ouvrez l'œil et n'hésitez pas à refaire plusieurs fois les niveaux.


Q-RobotLe bestiaire est varié et chaque ennemi possède une attaque particulière qui nécessitera une approche différente. De plus, ils se transforment en des blocs Ennemi différents qui ont une incidence sur le puzzle game ; certains donnent un gros bloc (équivalent à 4 cases, 2x2) impossible à déplacer, d'autre accéléreront l'apparition de nouveaux blocs, d'autres encore ne se combineront qu'entre eux, etc...
Pour lutter plus efficacement contre les ennemis les plus résistants, vous pouvez faire appel à votre Q-Robot, sorte d'armure mécanique invulnérable aux attaques. Cette armure à la faculté de projeter un de ses poings pour atteindre un ennemi à distance ou encore de déclencher des attaques dévastatrices, gourmandes en énergie cependant.


Une fois tous ces éléments combinés, on aperçoit la richesse du gameplay et l'importance du timing, point primordial pour un jeu de plate-forme. Il vous faudra observer les ennemis, les mouvements des plates-formes et réagir en une fraction de seconde pour éviter de connaître une fin tragique.

Graphismes

Boss La réalisation est soignée, les graphismes sont colorés et chatoyants. Chaque monde possède son identité propre et, sans être d'un grande originalité, ils ont le mérite d'être variés et efficaces.
L'ambiance générale est à la légèreté, puisque le titre est bourré d'humour et de parodies en tout genre. Quant aux personnages, leur design cartoon et ramassé les rend attachants et plutôt charismatiques. On ne se fera pas prier pour diriger notre archéologue casse-cou au travers de ses pérégrinations.

Mention spéciale pour les boss, plus loufoques les uns que les autres, qui en plus d'offrir un grand moment de rire, s'avèrent particulièrement coriaces. Dommage qu'une fois vaincus on ne puisse les affronter à nouveau.

Bande-son

L'écran de Start pose admirablement les bases avec un thème qui incite à l'aventure tout en étant désopilant. La bande-son est variée et de très bonne qualité. Les musiques des niveaux ont le plus souvent un rôle tautologique et renforcent l'ambiance qui s'en dégage.
Pour le reste, c'est du grand n'importe quoi, et il n'est pas rare d'être surpris tellement certains thème sont originaux et empruntent à des genres complètement différents. Pour preuve, le thème du Q-Robot par exemple : une reprise de la marche turque de Mozart au clavecin, qui, au bout de quelques secondes cède sa place à de grosses guitares électriques saturées. Mais plutôt que de longs discours, allez télécharger la bande originale disponible gratuitement sur le site du jeu.
Petit bémol cependant en ce qui concerne les sons des dialogues yogourt qui se révèlent rapidement horripilants ; heureusement, il y en a assez peu.

Conclusion

En cette période de crise qui voit se succéder les jeux à licence flanqués d'un numéro (Fallout 3, Halo 3, Resident Evil 5, etc..) et qui ne laisse que peu de place aux initiatives et à la création, Henry Hatsworth distille un parfum de fraîcheur, voire même de nouveauté. En mélangeant savamment deux genres bien distincts, la plate-forme et le puzzle game, Henry Hatsworth se paye le luxe de nous offrir une aventure originale et passionnante.

Carte des Niveaux La plate-forme, genre roi à l'époque des premières consoles de salon (avec notamment Super Mario Bros) est aujourd'hui tombé en désuétude et c'est avec un immense bonheur que Henry Hatsworth vient combler cette lacune.

Mention spéciale pour Electronic Arts qui pendant des décennies s'est moqué des joueurs en sortant des jeux de sport aux qualités discutables, qui de surcroît était remplacés chaque année par une nouvelle version comportant trop peu d'innovations ou d'améliorations pour réellement justifier son achat.
Il y a aussi le cas des Sim's ; même si le jeu en lui même est très bon, que dire de la myriade d'extensions parfois médiocres vendues au prix cher ?

En résumé, après avoir confondu joueur et vache à lait, EA nous offre enfin de vrais jeux novateurs et de qualité : Mirror's Edge, Dead Space et bien évidement Henry Hatsworth font partie de ceux-là.