Pixels gourmands

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lundi 22 février 2010

Le dernier de son espèce - Andreas Eschbach

"Andreas Eschbach"... Ce nom vous dit peut-être quelque chose. Il a écrit l'étrange Des milliards de tapis de cheveux (un bouquin que j'ai trouvé passablement déprimant, je dois l'avouer), et le très bon Jésus vidéo.

Je m'excuse, ce passage est situé à la fin (page 234 sur les 292 que compte l'édition de l'Atalante). Mais pour moi, cet extrait capture l'un des messages essentiels du livre, et reflète la grande place qu'occupent les réflexions philosophiques : Qui suis-je ? D'où viens-je ? Comment suis-je arrivé là ?
Et puis il ne spoile rien de l'histoire.

Dans ce livre, qui se passe sous Bush Junior, nous suivons un cyborg mis à la retraite - voire hors service. Duane Fitzgerald était un vaillant marine, maintenant c'est un reclus, qui cache son lourd secret dans une petite ville irlandaise. Il craint d'être renvoyé dans une base militaire américaine, et fait tout son possible pour garder profil bas, jusqu'au jour où quelqu'un le recherche...
En lisant ce roman, je me suis rappelée avec émotion de Günther et Anna Navarre, du jeu culte Deus Ex. Eux qui se sentaient dépassés, et inutiles...


Sommes-nous encore des hommes ? Nos implants d'acier nous rendent-ils moins humains ? (...) Quelle part d'humanité les machines nous ôtent-elles ?
Je ne crois pas que ce soit la bonne question, car elle repose sur un présupposé. Les machines nous ôtent-elles une part d'humanité ? Telle est la bonne formulation.
D'ailleurs, les machines en sont-elles capables ? Je ne pense pas. La calculatrice nous a-t-elle rien ôté du simple fait qu'elle peut aussi calculer ? L'ordinateur ? Notre humanité se trouve-t-elle réduite du simple fait qu'un ordinateur puisse être champion du monde d'échecs ? Et de quelle manière ? Irons-nous ensuite boire un verre avec la machine victorieuse ou le tragique perdant ?
Si nous construisons des machines, n'est-ce pas précisément afin qu'elles accomplissent certaines tâches mieux que nous ne le ferions nous-mêmes ? N'est-ce pas dans ce but que nous produisons des pelleteuses, forgeons des marteaux, posons des lignes téléphoniques dans le monde entier ?

Et si des machines, des os en acier, des yeux artificiels devaient effectivement nous voler notre humanité, que penser de celui qui porte une hanche artificielle ? Un pacemaker ? Des broches ? Un appareil auditif ? Des lunettes ? Où se situe exactement la frontière ?
Si un homme doté d'un cœur artificiel n'est plus un homme, quel sens y a-t-il à lui en implanter un ?

mercredi 14 octobre 2009

Sanctuary - Buronson & Ikegami : des Héros

-- Tashiro... Qu'est-ce que tu aimerais qu'il fasse plus tard, ton gamin ?
-- Hein ? mmh... J'aimerai juste qu'il ne finisse pas comme eux, là, c'est tout. *regardant les salarymen et les working girls se pressant dans la rue*
-- Tu peux être plus clair ?
-- On ne sent aucune force dans leur regard. Ils sont si mornes. Dans les yeux de mon enfant, je vois la joie de vivre, l'enthousiasme. Mais tous ces gens dehors... Parfois, j'ai l'impression qu'ils sont morts. Pourtant, ils ont été jeunes eux aussi. *Il avale son verre* Et là, ils sont comme flétris, c'est un mystère pour moi.
-- Les héros.
-- Pardon ?
-- Il n'y a pas de héros à notre époque. Voilà pourquoi !!
-- Des héros... ?
-- Parfaitement... Les héros apportent le rêve. Le Japon ne sait plus rêver ! Les jeunes cherchent leur héros dans les jeux vidéo. *Avec un petit sourire pensif* Pourtant... ton gosse n'aura peut-être pas besoin de console de jeu.

samedi 23 mai 2009

La secte maudite - Robin Hobb : de la Mort et du Deuil

''On ne se rend compte de l'importance de quelqu'un dans sa vie que quand il est en danger de mort ; on se dit qu'on ne pourra pas continuer à vivre s'il lui arrivait malheur, mais le plus effrayant, c'est qu'en réalité on va continuer à vivre, on ne peut pas faire autrement, avec ou sans lui.
La seule question, c'est ce qu'on va devenir.''

Robin Hobb, La secte maudite, tome 8 de la série "L'assassin royal".

vendredi 27 février 2009

American Gods - Neil Gaiman : de la Physique quantique

Je crois qu'il y a quelque part, dans une boîte, un chat à la fois mort et vivant (quoique si on n'ouvre jamais la boîte pour le nourrir, il finira par être mort de deux manières différentes).
- SamFille

dimanche 30 novembre 2008

Le Sang des Elfes - Andrzej Sapkowski

"L'intolérance et la superstition ont toujours été le fait des idiots parmi la populace , et, selon mon sentiment, jamais elles ne seront extirpées car elles sont aussi éternelles que la bêtise même. Là où culminent aujourd'hui des montagnes, il y aura un jour des mers. Là où moutonnent aujourd'hui des mers, il y aura un jour des déserts. Mais la bêtise reste la bêtise."
- Nicodemus de Boot, Méditations sur la santé, le bonheur et la prospérité.

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vendredi 21 novembre 2008

Le Peuple du Tapis - Terry Pratchett : du Leadership (chez les acariens)

Tiens-les occupés. C'était une des trois règles cardinales du chef, que le vieux Grimm lui avait transmises. Agis avec confiance, ne dis jamais "je sais pas" et, quand tout le reste a échoué, tiens-les occupés.

lundi 10 novembre 2008

Le Petit Prince - Antoine de Saint-Exupéry : beau, donc nécessaire

Le petit prince ne parvenait pas à s'expliquer à quoi pouvaient servir, quelque part dans le ciel, sur une planète sans maison, ni population, un réverbère et un allumeur de réverbères.
Le Petit Prince - l'allumeur de réverbère
Cependant il se dit en lui-même :
- Peut-être bien que cet homme est absurde. Cependant il est moins absurde que le roi, que le vaniteux, que le businessman et que le buveur.
Au moins son travail a-t-il un sens. Quand il allume son réverbère, c'est comme s'il faisait naître une étoile de plus, ou une fleur. Quand il éteint son réverbère ça endort la fleur ou l'étoile.
C'est une occupation très jolie.
C'est véritablement utile puisque c'est joli.

jeudi 30 octobre 2008

Dune - Frank Herbert : la théorie de la cocotte-minute

On n'accule pas les gens dans un coin. Pas si on attend d'eux qu'ils demeurent paisibles.

lundi 27 octobre 2008

Alice au pays des merveilles - Lewis Carroll : la logique du Chat de Cheshire

Le chat de Cheshire
"Would you tell me, please, which way I ought to go from here?"
"That depends a good deal on where you want to get to," said the Cat.
"I don't much care where –" said Alice.
"Then it doesn't matter which way you go," said the Cat.
"– so long as I get somewhere," Alice added as an explanation.
"Oh, you're sure to do that," said the Cat, "if you only walk long enough."