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Histoire(s) de dire › Il était une fois... Romans et autres lectures

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dimanche 28 février 2010

Otoyomegatari - Kaoru Mori : making-of

Emma vs Otoyomegatari


Making-of d'Otoyomegatari de Kaoru Mori
Je suis tombée amoureuse de la dernière œuvre de Kaoru Mori, la mangaka derrière Emma. Si j'avais bien aimé cette romance entre soubrette et fils de bonne famille à l'ère victorienne, je n'avais pas pour autant eu un vrai coup de cœur. Le dessin est de bonne qualité, j'apprécie le côté exotique de la société londonienne de l'époque, qui pimente agréablement la mayonnaise, mais le scénario est décidément trop longuet à mon goût.
Je l'avais donc emprunté avec ferveur à la bibliothèque de Hyères, mais avait finalement résolu de ne pas l'acheter.

Ma résolution risque d'être différente avec Otoyomegatari, en cours de parution au Japon (ils en sont à la moitié du deuxième tome).
L'histoire se déroule dans l'Asie Centrale du XIXème siècle, et commence par le mariage arrangé entre une une vieille fille de 20 ans et un garçon de 12 ans.
S'ajoute à cela un certain choc des cultures, puisque lui habite une petite cité rurale, alors qu'elle a été élevée dans une tribu nomade.

Le scénario est sympathique pour le moment, sans pathos, avec la sensibilité habituelle de Mori. Et ça bouge plus qu'Emma, car l'héroïne est quand même plus sportive... La preuve :

Kaoru Mori : Otoyomegatari, scène de chasse


Le making-of d'une page de manga

Comme vous pouvez le constatez, les dessins sont sublimes. D'où la question : "comment une planche de manga est-elle dessinée ?". Kaoru Mori a eu la gentillesse de répondre à une longue interview (en japonais évidemment) et de se prêter au jeu des photos, et surtout des vidéos de son travail. Pour la "lire", cliquez ici.

Mais clairement mieux vaut aller sur Youtube et regarder les 6 vidéos, qui vont de l'esquisse à l'application des trames, en passant par l'encrage. A priori, elle passe de 3 à 4h pour chaque page.

Le dessin de base

Le croquis est réalisé au crayon de papier.

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dimanche 10 janvier 2010

Jhereg - Steven Brust

OK, j'avoue : j'ai supprimé les traces des coupes que j'ai opérées dans le texte.
Je voulais un échantillon représentatif du roman, qui garde son esprit, son rythme et son humour, tout en supprimant les informations superflues pour le non-lecteur. J'ai donc condensé 6 pages et demi (format poche) pour obtenir le texte ci-dessous. Hors mes écarts typographiques pour une meilleure lisibilité, le texte est conservé.



« Bon, dis-je. Crache le morceau. Que s’est-il passé ?
Un sourire flotta sur ses lèvres.
-- Pas grand-chose, fit-il. Seulement un message de la part du secrétaire personnel du Démon.

Gasp.
"Le Démon", puisque c’est ainsi qu’on l’appelait, était généralement considéré comme le numéro deux de l’organisation.

« Il veut te rencontrer. Il a sélectionné un endroit sur notre territoire pour la rencontre, pour ce que ça vaut… Le restaurant de La Flamme Bleue.
-- La Flamme Bleue, hein ? C’est un bon endroit pour tuer quelqu’un. De hautes cabines, des allées larges, une lumière ténue. Et situé dans un quartier où les gens s’occupent de leurs affaires…
-- C’est bien là. Il a fixé le rendez-vous à deux heures après midi, demain.
-- Dis-moi, comment t’y prendrais-tu pour tuer un assassin ? Particulièrement quelqu’un qui fait attention à ce que son comportement ne soit jamais répétitif ?
-- Hein ? Eh bien… tu organises une rencontre avec lui, comme le Démon est en train de le faire.
-- Exact. Et, bien sûr, tu fais tout ce que tu peux pour qu’il se méfie, non ?
-- Heu…. Peut-être que toi, tu fais ça, moi pas.
-- Bien sûr que non ! Tu fais en sorte que ça ait l’air d’un simple rendez-vous d’affaires. Et ça veut dire que tu t’arranges pour offrir un repas au type. Et ça veut dire que tu ne choisis pas un horaire comme deux heures après midi.

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lundi 16 mars 2009

Ca n'arrive qu'à moi (Un plan d'enfer) - Donald E. Westlake

Contrairement à mon habitude, cet extrait ne provient pas du début d'un roman... On est même très loin de l'incipit, vu qu'on se trouve à quelque chose comme le chapitre 8. Donc la suite spoile une partie de l'histoire.
Vous voilà prévenus.


Une foule incroyable de gens s'était entassée dans la salle pour cette réunion. C'étaient presque tous des hommes, presque tous blancs, mais il y avait un petit saupoudrage de femmes, et quelques Noirs par-ci par là. La police municipale était représentée par l'Inspecteur-Chef Maloney, Léon et deux détectives ; mais il y avait aussi des délégués de la Police du Logement, de la Police des transports, du bureau du Procureur Général, des services secrets, du FBI, de la CIA, de la représentation américaine aux Nations unies, des Douanes, du Musée d'Histoire Naturelle de Chicago, des services turcs de contre-espionnage, et de la représentation turque aux Nations unies. Les vingt premières minutes furent consacrées aux présentations. Maloney fit confiance à Léon pour se rappeler tous les noms.

-- Selon une des hypothèses actuellement en cours, continuait le type du FBI, Zachary, un autre groupe de Grecs chypriotes serait responsable du deuxième larcin.
Larcin ?

-- Cette théorie présente l'avantage d'expliquer comment le deuxième groupe avait pu infiltrer le premier au point de connaître les projets qu'ils nourrissaient quant à l'évacuation du rubis. Il existe, bien sûr, des factions rivales qui se réclament au même titre du mouvementalisme grec chypriote.
Mouvementalisme ?

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samedi 31 janvier 2009

Les lions d'Al-Rassan - Guy Gavriel Kay

"Il n'a pas véritablement reçu l'onction, avait dit Almalik , à Cartada. C'est de notoriété publique."
Rien que cette année-là, il y avait eu quatre faux Khalifes, un autre ici à Silvènes avant Muzafar, un à Tudesca, et ce malheureux enfant, à Salos. On ne pouvait laisser durer une telle situation. Les trois autres étaient déjà morts. Muzafar était seulement le dernier.
Le dernier seulement. Il y avait eu des lions en Al-Rassan, autrefois, des lions sur l'estrade royale, dans ce palais édifié pour faire tomber les hommes à genoux sur le marbre et l'albâtre, face à l'évidence éblouissante d'une gloire qui les dépassait.
Muzafar n'avait jamais véritablement reçu l'onction, en effet, comme l'avait dit Almalik de Cartada. Mais une pensée traversa l'esprit d'Ammar ibn Khairan alors que, dans sa vingtième année, il se tenait dans le jardin du Désir de l'Al-Fontina, à Silvènes, en train de nettoyer sa dague du sang écarlate d'un homme : quoi qu'il fît d'autre de sa vie, dans les nuits et les jours qu'Ashar et le Seigneur trouveraient bon de lui accorder sous l'orbe sacré de leurs étoiles, on ne le connaîtrait peut-être jamais plus autrement que comme l'assassin du dernier khalife d'Al-Rassan.
"Il vaut mieux pour vous aller rejoindre le Seigneur parmi les étoiles. Le temps des loups est venu, désormais", dit-il au mort étendu sur le rebord de la fontaine (...).

dimanche 28 décembre 2008

Au bonheur des ogres - Daniel Pennac

(...) Puis je fais mon apparition, cafetière et tasses à la main. Je verse le jus épais. J'arrête la main de l'inspecteur qui se tend.
-- Attendez, il faut laisser reposer le marc avant de boire.
Il laisse reposer. (...)
-- Quelle est votre fonction, au Magasin ?
-- Me faire engueuler.
Il ne moufte pas. Il inscrit.
-- Métiers antérieurs ?
Bigre, l'énumération risque d'être longue : manutentionnaire, barman, taxi, prof de dessin dans une institution pieuse, enquêteur-savonnette, j'en oublie probablement, et Contrôle Technique au Magasin, mon dernier boulot.
-- Depuis ?
-- Quatre mois.
-- Ça vous plaît ?
-- C'est comme tout. Beaucoup trop payé pour ce que je fais, mais pas assez pour ce que je m'emmerde.
(Élevons le débat, que diable !)
Il note.
-- Vous n'avez rien remarqué d'anormal, hier ?
-- Si, une bombe a explosé.
Là, tout de même, il lève la tête. Mais c'est exactement sur le même ton impassible qu'il précise :
-- Je veux dire avant l'explosion.
-- Rien.
-- Il paraît que vous avez été appelé trois fois au bureau des Réclamations.
Nous y voilà. Je lui raconte la cuisinière, l'aspirateur et le frigo pyromane.
Il fouille dans sa poche intérieure, puis étale devant moi le plan du Magasin.
-- Où se trouve le bureau des Réclamations ?
Je le lui désigne.
-- Vous êtes donc passé au moins trois fois devant le rayon des jouets ?
C'est qu'il déduit, le bougre !
-- En effet.
-- Vous y êtes-vous arrêté ?
-- Dix secondes au troisième voyage, oui.
-- Rien remarqué d'anormal ?
-- A part le fait que j'ai été braqué par un AMX 30, rien.
Il note en silence, recapuchonne son stylo, boit son café d'un trait, marc compris, se lève et dit :
-- Ce sera tout, ne quittez pas Paris, on pourrait avoir d'autres questions à vous poser, au revoir, merci pour le café.

lundi 22 décembre 2008

Courtney Crumrin - Ted Naifeh

Courtney Crumrin et les Choses de la Nuit
Courtney est une petite fille blonde qui peut être très mignonne. Elle est hélas douée d'une vive intelligence et d'une certaine tendance à la misanthropie. Quant à ses parents, ils n'incarnent pas pour elle le modèle de vie qu'elle souhaiterait ; eux ne rêvent que d'ascension sociale et de milieu huppé.
Si bien que lorsque s'arrange l'occasion d'habiter dans le très chic quartier d'Hillsborough, ils ne la laissent pas filer. Même si ça implique de cohabiter dans un manoir sinistre avec l'excentrique mais secret Professeur Aloysius Crumrin...



La série sort en France chez Akiléos. Elle compte cinq albums différents (le dernier, dont je viens de faire l'emplette, date de cette année) :

  • Courtney Crumrin et les Choses de la Nuit
  • Courtney Crumrin et l'Assemblée des Sorciers
  • Courtney Crumrin et le Royaume de l'Ombre
  • Courtney Crumrin et les Effroyables Vacances
  • Hors-série : Portrait du sorcier en jeune homme


On peut dénicher un magnifique coffret regroupant les trois premières aventures ; à défaut il y a aussi le premier volume de l'intégrale. Les volumes peuvent se lire relativement indépendamment, même s'il y a évidemment de nombreuses allusions disséminées.


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